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Fiche Introduction
La Famille stable fonde la société


Les valeurs exposées dans ce chapitre liminaire figurent dans de nombreuses déclarations et chartes nationales et internationales : les Conclusions du Conseil européen des Ministres chargés de la famille du 29 septembre 1989, l’article R112-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles, la charte des droits de la Famille du Saint-Siège en 1983 et celle de l’UNAF en 1989…

Qu’apportent les familles à la société ?
  Les médias et l’opinion publique sont impressionnés par les cas choquants, malheureux, dramatiques, où la famille n’est pas un soutien, mais est mal-traitante, source de misère. Ces cas nous révèlent l’ampleur des attentes à l’égard de la Famille dont le rôle est si essentiel que chaque défaillance porte de lourdes conséquences. De nombreux dysfonctionnements sociaux et individuels sont, en effet, en lien avec des histoires familiales difficiles, ainsi que l’attestent les études sur la délinquance, la population carcérale, la drogue, le tabac, les perversions sexuelles, les dépendances, les violences…

Qu’apporte la famille de si fragile et de si important ?

Un cadre de naissance pour les nouvelles générations
Les familles sont actrices de l’équilibre démographique : c’est là que sont conçus, mis au monde et élevés les enfants qui constituent les générations futures. A long terme, le dynamisme démographique est facteur de développement économique. Si le facteur confiance en l’avenir ne les habite pas, on sait l’hésitation à accueillir des enfants.

Un cadre d’accueil pour les enfants sans famille
Les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants, et parfois ceux qui en ont mais souhaitent ouvrir leur foyer à un autre, constituent par les parrainages mais aussi par l’adoption un cadre d’accueil pour les enfants nés sous X, pour les enfants abandonnés, les enfants sans famille, nationaux ou non. (A ce sujet, les AFC partagent la requête actuelle des parents adoptifs qui souhaitent une simplification pour l’élaboration des passeports de leurs enfants…).
Vivre ensemble Un cadre d’apprentissage incomparable
Les familles ont une vocation naturelle à éduquer leurs enfants ; elles ont en général pour objectif qu’ils se développent harmonieusement et deviennent à leur tour des adultes responsables et soucieux de ceux qui les entourent et de l’intérêt général.C’est d’abord au sein de sa famille que l’enfant est aimé, fait l’apprentissage de la vie et du « vivre ensemble » et qu’il s’enracine dans une histoire qui lui permet de s’identifier et de donner un sens à sa vie. C’est au sein même de la famille que l’enfant puis l’adolescent apprend à avoir confiance en lui, à construire sa personnalité, à vivre en société ; c’est au sein de la famille que l’enfant découvre le don réciproque (dans un monde où tout se mesure à l’argent), la valeur et le sens du travail, le sens du service et l’importance de l’entraide, la responsabilité, le respect des autres, l’attention au plus petits. Tout ceci est essentiel à la cohésion sociale. Les familles sont ainsi le premier espace de réponse à la « pyramide des besoins » de la personne 3 et de socialisation. La preuve par son contraire ? En cas de défaillance des familles dans leur tâche éducative, et plus encore en cas de rupture, il n’est que de constater les conséquences (personnelles et collectives) : insécurité affective, perte des repères qui aident l’enfant à se structurer, manque de confiance en soi et dans les autres, décrochages scolaires, problèmes de santé, anxiété, dépression, suicide, violence, drogue et autres conduites addictives, difficultés financières, atomisation de la société…Les évènements des banlieues à l’automne 2005 n’ont pas eu qu’une origine économique !
Faire face à la solitude, à la violence, au chômage… Un amortisseur des crises personnelles et collectives
La Conférence de la Famille 2006, consacrée aux « Solidarités entre générations, au sein et en faveur des familles », l’a souligné à juste titre : c’est au sein des familles que le lien et l’entraide intergénérationnels trouvent leur pleine expression sous différentes formes (soins, aides financières, services, etc.) et en différentes occasions : garde des petits-enfants, soutien à un parent âgé ou dépendant, aide morale et matérielle à un membre fragilisé (chômage, handicap…), à un jeune à la recherche de son premier emploi… Ne dit-on pas que les familles servent « d’amortisseur à la crise » ? La solitude progresse en France ; et si c’était dû aux ruptures familiales ? La violence progresse ; et si c’était le fait que les relations interpersonnelles ne sont plus régulées par une vie de famille avec des horaires, un retour au foyer le soir, des petits bonheurs partagés, des difficultés affrontées ensemble, des conflits et des pardons ?
On n’oubliera pas aussi que c’est grâce aux enfants que peut fonctionner encore le système des retraites par répartition, solidarité organisée au profit des plus anciens après qu’ils aient eux-mêmes travaillé pour les plus jeunes… Mais les AFC attirent l’attention sur le fait que notre société est dans une phase intermédiaire : la déconstruction familiale à laquelle on assiste est un peu amortie par les grandsparents d’aujourd’hui. Quand leur tranche d’âge aura disparu en 2015, les adultes d’aujourd’hui, n’auront plus parfois le souci familial de leurs parents, et ne seront plus un soutien. Il est donc urgent de se préparer et d’organiser la prise en compte des besoins de la jeunesse aujourd’hui…
Un générateur de cohésion sociale
Les difficultés, les dérapages que connaît notre pays sont, pour une bonne part, liés au délitement des liens familiaux, à la dévalorisation de ce qu’est et ce qu’apporte la famille. C’est pourtant via les familles que se développent les solidarités de voisinage : les valeurs d’attention à l’autre profitent bien souvent aux voisins isolés, celle de générosité profite aux associations qui espèrent des bénévoles, etc… C’est dans sa famille que l’enfant construit sa confiance en soi, et donc dans les autres ; c’est la famille qui permet de développer l’esprit d’initiative qui, plus tard, deviendra l’esprit d’entreprise. En ce sens, la famille est la première cellule de la société, elle la structure. Premier lien entre les personnes, elle est la source de toute cohésion sociale, et même dans une certaine mesure de la paix sociale. On peut aussi dire que sa contribution à l’équilibre démographique crée de la richesse humaine. Des agents économiques majeurs Consommation, production, épargne…
Les familles sont la cellule économique de base de la société. Même si certains marchés ciblent plutôt l’individu isolé, le cadre familial par la présence des enfants, les besoins qu’ils génèrent (biens courants, logement, voiture, loisirs… : débouchés pour les entreprises) et l’investissement qu’ils représentent pour l’avenir (formation d’un capital humain), crée une dynamique dans les domaines de la consommation, de l’emploi et des services. Et comme tout engagement de capital, le résultat est d’autant plus palpable qu’il s’exerce dans la durée. De même, des jeunes qui ont été éduqués et formés aux règles sociales de base (respect, ponctualité, présentation, notion de travail…) seront eux-mêmes une grande valeur pour demain. Contribuant à la bonne santé de l’économie, les familles sont donc fondées à participer aux instances locales, nationales et européennes où les intérêts des consommateurs sont défendus. La famille, « élément naturel et fondamental de la société »4 participe au fonctionnement et à la pérennité de notre vie sociale, économique et de nos institutions. Dès lors, comment ne pas vouloir valoriser et aider les familles dans leurs multiples missions ?