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Notre analyse


  1. Les situations économiques et démographiques de la France mettent ses dirigeants en face d’un double défi : celui de , répondre aux urgences sociales créées par la pauvreté grandissante et celui du vieillissement engendrant les charges colossales de la retraite et de la dépendance. Ainsi se pose la question des choix budgétaires à faire à tous les niveaux dès aujourd’hui et sur les 10 prochaines années. Or la politique familiale apparaît à beaucoup des responsables politiques, sinon inutile, du moins secondaire dans l’ordre des priorités.

  2. L’évolution du droit civil consacre depuis trente ans l’individualisation des droits . Il contredit ainsi la nécessité absolue pour la société française de promouvoir, d’encourager l’exercice des responsabilités et des solidarités familiales auxquelles on ne cesse cependant de faire appel … Le droit, qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu, la vie privée, considère que les choix affectifs ne peuvent et ne doivent avoir aucune conséquence ni sur les enfants, ni sur la vie civique, économique et sociale. Ainsi, toutes les formes d’union conjugale sont mises sur un pied d’égalité, le « droit à l’enfant » se substitue au « droit de l’enfant ». On laisse se propager et se développer des pratiques de contraceptions abortives, l’avortement, et les dérives eugénistes. La famille et les familles ne sont plus considérées comme les corps fondateurs de la société, mais comme une juxtaposition d’individus. Ainsi naissent et prospèrent, au gré des gouvernements, des politiques à caractère social, destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène toute famille. Cette conception individualiste de la société, imposée dans notre pays par une gouvernance laïciste et centralisée depuis des décennies, soumise aux dérives d’une opinion aux repères brouillés conduit à un « assistanat » public de plus en plus développé, dès qu’apparaît la moindre difficulté. Législations et réglementations se complexifient et se multiplient. Cette gouvernance coûte cher !

  3. Enfin, la mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie, faits émergents des temps modernes, sont fondées sur une conception intégralement libérale de l’Economie, de ses processus. L’économie prime sur tout même si le concept de développement durable est devenu politiquement correct. En effet, les diverses dimensions éthiques, parmi lesquelles la dimension familiale, ne sont jamais retenues et prises en compte pour spécifier la finalité même du développement durable. Dans une société qui met les droits de l’individu au-dessus de tout, sans pour autant définir ses devoirs vis-à-vis des autres citoyens, les valeurs sociales de la famille, communauté naturelle, sont totalement occultées, souvent niées. Lobbies et communautarismes se rejoignent pour se substituer aux corps intermédiaires en se déchargeant de toute responsabilité sociale. Les réactions contradictoires de l’opinion vis-à-vis des réalités comme l’immigration ou les fléaux sociaux (drogue, délinquance, pratiques mafieuses, pornographie…) sont des illustrations de la difficulté pour les sociétés française et européenne à faire face à ces défis du 21ième siècle.

  4. Ces constats peuvent et doivent être élargis à l’ensemble du continent européen et des Nations qui le composent. La politique familiale en France a été et est encore un exemple pour de très nombreux pays. Certes, l’Union Européenne n’a pas de compétences propres sur le champ de la politique familiale. Il n’en demeure pas moins que, dans des enceintes aussi prestigieuses que le Conseil de L’Europe, la Cour de Justice Européenne, celle des Droits de l’Homme et le Parlement Européen, se forgent au fil des années des concepts et des jurisprudences qui accompagnent, et précèdent même les évolutions décrites précédemment. Ainsi, au contraire de ce qui aurait été logique au vu des succès relatifs de la politique familiale française, la France abandonne, au fil des ans, les fondamentaux de sa politique familiale au profit de conceptions individualistes ou libérales, sociales et libertaires.
La CNAFC demande aux responsables économiques, sociaux et politiques d’accepter de débattre de cette analyse.

Les propositions des AFC


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